Vérité – Humilité – HumanitéCharte de l’Unité nationale : le MSD entre mémoire, dénonciation et engagement.
Le 5 février 2026, le Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie (MSD) a organisé un espace politique et citoyen consacré à la Charte de l’Unité nationale, à l’occasion de sa trente-cinquième commémoration depuis 1991.
Cette rencontre a été bien plus qu’une simple cérémonie : elle a offert un moment de réflexion, de mémoire et de réaffirmation des idéaux de paix, de réconciliation et de cohésion nationale. La Charte de l’Unité nationale y a été présentée comme un pilier fondamental de l’unité, de la justice et de la démocratie, tout en rappelant les défis persistants qui continuent d’entraver sa pleine application au Burundi.
La Charte de l’Unité nationale : sens, héritage et défis.
Adoptée en 1991, la Charte de l’Unité nationale visait à dépasser les clivages ethniques et politiques, à garantir la justice et l’égalité, et à faire de l’unité nationale un projet collectif vivant, fondé sur la participation citoyenne et le respect de la dignité humaine. Elle a ouvert la voie à l’Accord d’Arusha, porteur d’espoir pour un État inclusif et démocratique.
Malheureusement, ses idéaux ont été largement compromis. La concentration du pouvoir, l’exclusion politique, la répression et l’impunité ont vidé la Charte de sa substance. L’unité nationale est devenue un slogan plus qu’un engagement réel.
Symboliquement, le drapeau de l’Unité nationale, pourtant prévu par la Constitution pour être affiché aux côtés du drapeau national, est souvent ignoré lors des cérémonies officielles, traduisant le recul de l’esprit de la Charte.
Pour que la Charte renaisse, il ne suffit pas de mots : il faut restaurer les symboles, appliquer la justice, promouvoir l’alternance démocratique et impliquer activement les citoyens.
La genèse du MSD : un parti né de la volonté de l’unité.
Le MSD est né du constat d’une situation difficile dans tout le pays. Face à ces défis, des Burundais de toutes tendances et provinces – Hutu, Tutsi et Twa – se sont rassemblés pour analyser la réalité nationale et chercher des solutions communes.
Depuis sa création, le MSD a réussi à rassembler des Burundais de tous horizons et à proposer un projet de société inclusif, garantissant à chacun droits et opportunités égaux, fondé sur la solidarité, la démocratie et la justice sociale.
La Charte de l’Unité et l’Accord d’Arusha : promesses non tenues.
La Charte a ouvert la voie à l’Accord d’Arusha, qui devait instaurer une justice transitionnelle chargée d’enquêter sur les crimes du passé et de garantir que le pays soit dirigé par des personnes non impliquées dans des crimes graves.
Cette disposition n’a jamais été pleinement appliquée. L’impunité persiste, fragilisant la réconciliation et la confiance entre les Burundais. Cet échec est partagé non seulement par le régime au pouvoir, mais aussi par certains partis regroupés au G10 et au G7, incapables de faire respecter les engagements d’Arusha.
Le CNDD-FDD : trahison de l’unité nationale.
Le MSD dénonce la trahison des idéaux de la Charte par le régime CNDD-FDD. Depuis son arrivée au pouvoir en 2005, ce parti a systématiquement détruit les fondements de la démocratie et de l’unité nationale, à travers :
.la confiscation du pouvoir et le refus de l’alternance démocratique ;
.la répression de l’opposition, avec arrestations arbitraires, exil forcé et intimidations ;
.le musellement de la presse et de la société civile ;
.l’instrumentalisation de la justice et des forces de sécurité à des fins partisanes ;
.la culture de l’impunité, qui banalise les violations des droits humains
Pour le MSD, ces pratiques ont vidé de sens la notion même d’unité nationale, aujourd’hui réduite à un simple slogan au service de l’autoritarisme.
Les idéaux du MSD : cohérence, valeurs et responsabilité.
Le MSD réaffirme son principe fondamental, devenu son slogan : « Parlons de ce que nous ferons et faisons ce que nous avons dit » (« Tuvuge ivyo tuzokora kandi dukore ivyo twavuze »).
Sa devise repose sur trois valeurs essentielles : Vérité – Humanité – Humilité.
La vérité pour rompre avec le mensonge et la manipulation ; L’humanité pour replacer le citoyen au centre de l’action politique ; L’humilité pour rappeler que le pouvoir est un service, non un privilège.
Le MSD est également convaincu que le pouvoir n’est jamais éternel et que l’alternance est essentielle : « Là où nous sommes aujourd’hui, demain y seront d’autres » (« Aha turi ejo hazoba hari abandi »).
Appel à la jeunesse et à la conscience nationale.
Le MSD appelle la jeunesse à ne pas céder à la résignation, à la peur ou à la manipulation, et à s’approprier l’héritage de la Charte de l’Unité nationale. Les jeunes doivent défendre pacifiquement leurs droits et participer à la construction d’un Burundi uni, démocratique et juste.
À travers cette activité, le MSD a une fois de plus rappelé à tous les Burundais de se lever comme un seul homme pour défendre l’unité, la démocratie et la justice. Le parti réaffirme sa détermination à poursuivre la lutte politique pacifique.
Cependant , le MSD avertit que si le régime CNDD-FDD continue à refuser le dialogue et la voie pacifique , il soutiendra ceux qui se lèvent pour mettre fin par la force à ce pouvoir, responsable des souffrances et des malheurs du peuple burundais.
Par Méthode BIREMBA.
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