Burundi-Médias: silence, ici on tue !

La décision rendue publique le 29 Mars 2019 par le CNC (Conseil National de la Communication) visant le retrait définitif de l’autorisation d’exploitation de la radio BBC et le maintien de la suspension des émissions de la VOA, ne devait surprendre personne.

Depuis l’arrivée au pouvoir du parti CNDD-FDD en Août 2005, les Burundais et la communauté internationale n’ont cessé de décrier les tueries et les autres violations des droits de l’homme commises par ce pouvoir. A peine trois mois au trône, Nkurunziza et ses escadrons de la mort ont commencé à massacrer les partisans du FNL-Palipehutu dans Bujumbura rural et, plus tard, à Muyiga.

Les médias indépendants et les organisations de défense des droits de l’homme n’ont ménagé aucun effort pour demander que cette barbarie s’arrête. Ils ont tout fait pour mettre le monde face à ses responsabilités. La crise déclenchée en Avril 2015 suite à la candidature au troisième mandat de Nkurunziza a concomitamment abouti à la destruction brutale, violente et méchante de ces médias et a poussé à l’exil les défenseurs des droits de l’homme.

La fermeture des deux médias étrangers et indépendants émettant en Kirundi était prévisible vu les échéances électorales qui approchent, le simulacre d’élections de 2020.

Néanmoins, elle ne devrait pas détourner l’attention de l’opinion face aux massacres des milliers d’innocents enlevés, torturés et puis tués, des viols commis aux femmes et filles, des emprisonnements arbitraires, de plus de 700.000 réfugiés sans oublier plus de 10 millions de Burundais qui croupissent dans la misère et la dictature féroce dans le silence absolu.

Les Burundais et la communauté internationale doivent rester vigilants et entreprendre toute action possible visant à démettre le pouvoir barbare et sanguinaire de Bujumbura.

Lambert Niyonzima


Retour