Discours du représentant du MSD en Belgique pendant la manifestation du 19 Février 2022

Burundaises, Burundais et amis du Burundi! Merci d’être venus nombreux soutenir cette manifestation. La tempête Eunice ne vous a pas empêché d’être ici pour exprimer votre indignation contre les maux qu’endure le peuple burundais, les maux causés par le régime du CNDD-FDD. C’est un signe de détermination pour montrer au monde entier que le peuple Burundais est débout, il ne se taira jamais devant les violations massives de ses droits fondamentaux et ni la tempête, ni le soleil accablant ne l’empêcheront pas de se lever comme un seul homme pour réclamer justement ses droits, dont le droit fondamental de vivre dans la dignité.

Si le Président Évariste Ndayishimiye nous entend et s’il se soucie vraiment de la vie de tous ces millions des Burundais et de l’avenir de son pays, qu’il nous montre son courage et sa détermination de résoudre une fois pour toute la crise qui secoue notre pays.

Pour tous ceux qui pensent que les choses ont changé ou sont en train de changer depuis qu’Évariste Ndayishimiye est arrivé au pouvoir, qu’ils ne se trompent pas. Les chiffres parlent d’eux-mêmes … et on n’a pas encore vu des signes qui nous prouvent le contraire :

  • Les violations massives des droits humains dont les massacres, disparitions forcées, tortures, viols de femmes et des jeunes filles, prisonniers brûlés, des centaines des milliers des réfugiés qui croupissent dans les camps de réfugiés dans les pays voisins, etc. sont commises par la police, l’armée, la milice paramilitaire Imbonerakure ainsi que les services des renseignements qui sont sous les ordres direct du Président de la République lui-même et tout cela au vu et au su de tout le monde.

 

  • Vous pouvez lire vous-mêmes le dernier rapport de la ligue ITEKA : des milliers de Burundais ont été tués depuis qu’Évariste Ndayishimiye est au pouvoir ainsi que d’autres violations perpétrées contre des citoyens burundais innocents.
  • La justice n’existe plus au Burundi, elle est instrumentalisée par le parti CNDD-FDD au pouvoir et elle est devenue une arme de répression de tout opposant réel ou supposé. Tout soupçon peut signifier la mort au Burundi.
  • L’impunité des crimes devenue une règle au Burundi.
  • Tous les médias indépendants ont été incendiés et interdit d’émettre et les radios internationales indépendantes ont été suspendues.
  • Les radiations des organisations de la société civile, la suspension des partis politiques.
  • Les jugements fantaisistes des leaders politiques et de la société civile.

Nous interpellons donc Évariste Ndayishimiye pour qu’il change le cours de l’histoire de notre pays. Le peuple Burundais a trop souffert et continue à souffrir et cela doit cesser. Un président ne devrait pas rester silencieux devant les malheurs de son peuple :

  • Qu’il tende la main à toutes les composantes de la société burundaise et engage un dialogue inclusif. Toutes ces gens qui osent dénoncer ce qui ne va pas dans leur pays sont des fils et des filles du Burundi, leur voix doit être entendue pour que le pays retrouve la paix. Nous restons convaincus que seul un dialogue inclusif, franc et sincère est le seul moyen de résoudre la crise qui secoue notre pays.
  • Le premier signe de cette main tendue serait la levée des sanctions de radiation et de suspension des organisations de la société civile, des partis politiques ainsi que des medias indépendants ; et la libération des prisonniers politiques et d’opinions.
  • Qu’il crée des conditions favorables au retour des réfugiés. Les raisons qui ont poussé une partie du peuple Burundais à fuir leur pays sont toujours là. Ni la faim, ni la répression ne vont pas pousser ces réfugiés à rentrer massivement. Je dois rappeler ici que seuls les Accords d’Arusha ont permis le retour des milliers de Burundais qui venaient de passer plus de 30 ans dans les camps des réfugiés des pays voisins et dans d’autres pays du monde.
  • Aucun père de famille ne devrait pas se taire quand les biens de sa famille sont pillés au grand jour ! La corruption qui gangrène notre pays aujourd’hui est le résultat d’une incompétence notoire  du régime CNND-FDD à combattre ce fléau qui tue notre pays à petit feu. Comment est-ce qu’un ministre qui vient de voler l’argent qui devrait construire un barrage hydroélectrique peut être décoré par le président de la république ? Pour se moquer du peuple Burundais, le même ministre offre un immeuble au pays et c’est le président lui-même qui coupe le ruban inaugural du même bâtiment. Le peuple burundais exige que la dilapidation des ressources du pays soit stoppée car il mérite mieux que ça ! Évariste Ndayishimiye est capable de le faire, il suffit de faire sien la valeur d’Ubuntu et d’avoir le courage de prendre la décision ferme pour stopper ce fléau. On ne peut pas avoir une conscience tranquille quand les familles burundaises vivent dans une misère totale.
  • Nous réclamons une magistrature indépendante car la justice au Burundi est au service du parti CNDD-FDD et le président lui-même l’a qualifié de « justice instrumentalisée et corrompue ». Sans une justice indépendante il n’y aura pas de paix et de développement durable dans notre pays.
  • À l’union Européenne, nous leur demandons de revoir la décision de lever les sanctions contre le régime du CNDD-FDD car le vent de changement est en marche dans notre pays. Le peuple Burundais ne se taira jamais devant les violations massives des droits de l’homme qui sont commises aux yeux de toutes les chancelleries représentées à Bujumbura. Les normes et les valeurs sur lesquels sont bâties les sociétés européennes devraient guider les responsables européens dans leur prise de décision. On n’a jamais vu dans les rues de Bruxelles, Paris, Varsovie, Berlin ou Amsterdam les services de sécurités kidnapper au grand jour des citoyens pour les retrouver le lendemain sans vie, flottant sur la Seine, la Meuse ou le Rhin. Ici, en Europe, les membres des partis d’opposition ont les mêmes  droits que ceux des partis au pouvoir. La société civile a sa place et joue pleinement son rôle de médiateur entre les pouvoirs publics et les citoyens. Aucun citoyen européen n’est au-dessus de la loi, les exemples sont nombreux : on a vu des présidents des pays européens et des ministres qui ont été condamnés par la justice dans les affaires de corruption ou d’abus du pouvoir ou d’autres crimes. Ce qui n’est pas le cas dans notre pays. L’Union Européenne ne devrait pas fermer les yeux devant les malheurs du peuple Burundais.

Nous demandons à l’Union Européenne d’exiger qu’il y ait au Burundi un dialogue inclusif impliquant toutes les composantes de la société burundaise et la réhabilitation des Accords d’Arusha dont elle est co-gérante.

RESTONS DÉBOUT !

ENSEMBLE NOUS VAINCRONS.

 

 

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